Vincent Baguian en concert à la Java - Crédits Stéphane Portier

La playlist VIP par Vincent Baguian

On connaît bien les succès de Vincent Baguian, notamment ses collaborations avec Zazie, Calogero ou encore Mozart l’opéra rock. Mais on connaît moins ses influences et les raisons pour lesquelles il fait ce métier. Je vous propose aujourd’hui de le découvrir un peu…

Sa playlist VIP :

Ecouter l’interview

  • « Phillistins » – Georges Brassens : Cette chanson m’a sauvé la vie. Car elle m’a fait échapper à ce que mes parents me prédisaient comme avenir, fonctionnaire aux PTT. Brassens dit : »Vous pensiez, Ils seront
    Menton rasé, ventre rond
    Notaires
    Mais pour bien vous punir
    Un jour vous voyez venir
    Sur terre
    Des enfants non voulus
    Qui deviennent chevelus
    Poètes »

    Et je me suis dit je vais devenir poète. Brassens m’a un peu tracé un chemin et m’a fait comprendre que l’avenir que les adultes me prédisaient n’était pas forcément celui qui m’attendait.

  • « Les vieux » – Jacques Brel : Quand j’ai entendu Brel, je voyais des films et je me disais si j’écris des chansons je veux que ce soit des films aussi. Qu’il y ai des images. Je veux pas écrire « Capri c’est fini. Et dire que c’était la ville de mon premier amour ». Je veux écrire « Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s’ensommeillent, leurs pianos sont fermés.Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter » Car je sentais des parfums, je voyais des images de mon enfance. Et je me disais ça c’est de la chanson !
  • « Le Jazz et la Java » – Claude Nougaro : Avec Nougaro j’ai compris que le français swinguait. C’était un bonheur de faire swinguer les mots. C’est admirable. ça change un peu des mots qu’il y avait dans les années 60, comme « En rouge et noir » qui fonctionne difficilement en français. Je me suis dit il y a une façon de faire swinguer les mots.
  • « Sympathy For The Devil » – The Rolling Stones : C’est un texte qu’un prof d’anglais m’a fait étudier en classe. « Sympathie pour le diable » c’était génial de pouvoir chanter ça. C’était facile à jouer avec mon groupe. ça sonnait tout de suite. Et c’était en anglais on se la pétait un peu. Les Stones c’est un peu la déchéance. Tout ce qu’on aime quand on est adolescent.
  • « Down Down » – Status Quo : J’étais en colonie de vacances. Et ils écoutaient ce titre là. On a fait un playback avec des guitares en carton pour le spectacle de fin de colonie. A la maison j’écoutais que de la musique classique et Aznavour. Et Status Quo pour moi c’était des punks. Après je me suis aperçu qu’il y avait pire. Mais quand je la jouais avec la guitare en carton j’étais survolté.
  • « Ca sert à quoi » – Maxime Le Forestier : Quand j’ai commencé à jouer de la guitare classique au conservatoire, un des premiers qui m’a permis de sortir du répertoire classique c’est Maxime Le Forestier. Il fait son premier album à 18 ans. Et sur son album il y a que des tubes. L’album est admirable. On se dit voilà un album qui va nous sauver. Plus tard il y a « Est ce que les gens qui naissent, naissent égaux en droit … » c’est une chanson qui nous montre des chemins qu’on aome.
  • « La dame de Haute-Savoie » – Francis Cabrel : C’était spectaculaire de voir ce mec débarquer avec son accent et de l’assumer. On l’entendait pas du tout à Paris. Tout le monde chantait ça en province. Et quelques années plus tard, j’ai fait les rencontres d’Astaffort. J’ai rencontré Francis Cabrel qui fait du rock avec l’accent. C’était le seul. Et il a décidé de produire mon premier album. Cabrel c’est un monsieur important.

  • « Comme ils disent » – Charles Aznavour : Comme il est d’origine arménienne, c’était un des seuls chanteur de variété admis à la maison quand j’étais petit. Il chantait « je suis un homo comme ils disent » à une époque où tout le monde rigolait sur ça. Avoir un mec qui ose alors qu’il est hétérosexuel, se mettre dans la peau d’un homosexuel, c’était très risqué. Et je me suis dit ce qui est bien dans ce métier c’est de prendre des risques, de ne pas être attendu, de ne pas être bien pensant. Et c’est ça qui fait la différence. Si on sort du chemin tracé on devient un artiste. Cette chanson a été importante et Aznavour aussi
  • « J’ai dix ans » – Alain Souchon : Il y a des chansons pour lesquelles on se souvient de quand on les a entendu pour la première fois. Je me souviens très bien où j’étais et du flash que j’ai eu en l’entendant. Il y avait des adultes autour de nous. Et nous on avait 10 ans et on entendait un adulte qui revendiquait d’avoir notre âge. Alors que en permanence on te disait « Ah maintenant tu as 7 ans c’est l’âge adulte. » « Ah maintenant t’es un grand il faut faire bien les choses ». Et lui faisait l’inverse. Je me suis dit c’est lui qui est chouette. Qu’est ce que c’est bien de rester un enfant. Brel disait « On a tout rêvé jusqu’à 12 ans. Et après y’a ceux qui passent leur temps à oublier ce qu’ils ont rêvé. Et ceux qui poursuivent leur rêve » et Souchon il l’appliquait. C’était une leçon.
  • « Isabelle je t’aime » – Les Poppys : C’était des gamins qui avaient notre âge et qui étaient habillés pop. Qui se prenaient pas la tête. Je me disais « qu’est ce qu’ils doivent s’éclater eux dans la vie » alors que nos vies d’adolescents étaient pas très très fun. On jouait au foot. On allait à la bibliothèque municipale. Je me suis dit moi aussi je veux être en bande et chanter.

Le clip de Vincent Baguian « Ce soir c’est moi qui fait la fille » :

http://www.dailymotion.com/video/x383lt_ce-soir-c-est-moi-qui-fait-la-fille_news

Vincent Baguian sur le web :

Son site officiel

Concerts :

Date Ville Salle
26.01.11 Paris La Java
Heure: 20:30. Adresse: 105 rue du Faubourg-du-Temple, 75010 Paris.
22.12.10 Paris La Java
Heure: 21:00. Prix: 9 euros. Adresse: 105 rue du Faubourg-du-Temple, 75010 Paris. Métros : Goncourt / Belleville Dernière date de l’année de ce « qui se révèle être un véritable spectacle, plus qu’un simple tour de chant. On y découvre également Hugo Renard, dont les talents de musiciens rivalisent avec ceux de comédien. ». En première partie : Marjolaine Piémont.

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